Samaneh Latifi
Metteuse en scène, comédienne, donneuse de voix et animatrice de théâtre, née en 1987, en Iran. Elle y est formée au jeu de l’acteur à l’Université d’Art de Soureh, à Téhéran. Au cours de cette période, elle est initiée aux formes de spectacles traditionnels iraniens et persans, notamment le Ta’zieh, le Ruhowzi et le Naqqali (pratique du conte qu’elle adapte et transforme).
Pendant deux ans, elle travaille comme chercheuse au Centre des Spectacles Rituels et Traditionnels de l’Iran. Elle poursuit sa formation en autodidacte, pratique le yoga dans la tradition grotowskienne, se rapproche d’Eugenio Barba et travaille sur le corps gymnique cher à Meyerhold et Artaud. Ces influences théoriques la conduisent à une psycho-corporéité.
Elle quitte l’Iran en 2018, alors qu’elle est une comédienne reconnue au cinéma, au théâtre et à la radio. En France, à l’âge de 30 ans, elle décide de reprendre ses études et obtient une licence à l’Université Nouvelle-Sorbonne Paris 3. Au fil de son parcours, elle rejoint ensuite Marseille où elle obtient un DEUST « formation de base aux métiers du théâtre », puis une licence d’études théâtrales. Elle est ensuite sélectionnée pour suivre le master écriture en scène.
En 2024, elle présente Murmures sombres de la lumière naissante au Théâtre Antoine Vitez. Une adaptation transgressive du conte de la tradition iranienne (Naqqali) qu’elle croise avec l’univers occidental.
Ses projets artistiques s’inscrivent aujourd’hui dans la création sonore de contes venant de tous les pays, dans le cadre d’ateliers, pour la radio, mais également pour la scène à destination des publics enfants et adultes.



© Photo de Manon Pelouin
MURMURES SOMBRES DE LA LUMIERE NAISSANTE
Murmures sombres de la lumière naissante pourrait figurer un exil. C’est-à-dire le mot qui désigne finalement, toujours, un commencement et un recommencement. Un cycle infernal fait de morts et de naissances, de jours et de nuits… une répétition sans fin. À partir du Livre des rois, qui vient du Zoroastrisme, l’histoire de Djamshid et Zahak s’apparente à ce cycle fait d’espoirs éternels et de déceptions infinies, de luttes avec les autres qui se répètent, de conflits avec soi-même, aussi. La Naqqal (la conteuse en persan) porte cette histoire. Femme libre, joueuse, maligne… elle mettra en dialogue ces forces opposées. En liberté, elle essaiera d’en déjouer les issues funestes.
© Photos de Manon Pelouin